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Guerre en Iran : Mojtaba Khamenei, le fils de l’ayatollah Ali Khamenei, choisi comme nouveau guide suprême iranien

L’Assemblée des experts a annoncé dimanche la désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran.

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L’Assemblée des experts a annoncé dimanche la désignation de Mojtaba Khamenei comme nouveau Guide suprême de la République islamique d’Iran. Cette succession intervient un peu plus d’une semaine après la mort d’Ali Khamenei dans les attaques menées contre l’Iran par les États-Unis et Israël, dans un contexte de guerre régionale, de forte tension diplomatique et de menaces israéliennes contre la future direction iranienne.

L’Iran a officialisé l’accession de Mojtaba Khamenei à la fonction la plus élevée du régime. Selon Reuters, qui cite un communiqué publié par l’Assemblée des experts après le vote, cette instance de 88 religieux a choisi le fils de l’ancien Guide pour devenir le troisième Guide suprême de la République islamique. La fonction lui donne le dernier mot sur l’ensemble des affaires d’État.

La désignation intervient après la mort d’Ali Khamenei le 28 février 2026, tué lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, selon Reuters et plusieurs médias internationaux. Depuis, le conflit s’est élargi. Reuters rapporte que les frappes ont touché des infrastructures énergétiques, que l’armée américaine a annoncé la mort d’un septième militaire américain blessé dans la riposte iranienne initiale, et que l’ambassadeur iranien à l’ONU a fait état d’au moins 1 332 civils tués en Iran.

Une succession attendue de longue date

Le nom de Mojtaba Khamenei circulait depuis des années parmi les scénarios de succession. Reuters le présentait encore le 4 mars comme le principal favori pour succéder à son père. Âgé de 56 ans, religieux conservateur de rang intermédiaire, il n’a jamais occupé de fonction gouvernementale officielle en dehors de son activité au sein du bureau de son père, mais il était considéré comme l’une des figures les plus influentes du système iranien.

Cette influence s’est construite dans l’ombre du pouvoir. Le département du Trésor américain, qui l’a sanctionné en 2019, affirmait alors qu’il représentait le Guide suprême à titre officiel sans avoir été élu ni nommé à une fonction publique, et qu’Ali Khamenei lui avait délégué une partie de ses responsabilités. Washington ajoutait qu’il avait travaillé avec la force Al-Qods des gardiens de la révolution et avec les Bassidj pour faire avancer les objectifs régionaux et intérieurs du régime.

Appui immédiat des gardiens de la révolution

Après l’annonce, les principaux appareils sécuritaires ont rapidement affiché leur soutien. Reuters indique que les forces armées iraniennes ont prêté allégeance au nouveau Guide et que les gardiens de la révolution ont dit être prêts à suivre ses directives. Xinhua, citant le communiqué iranien, rapporte de son côté que le corps des gardiens a soutenu le choix de l’Assemblée des experts et s’est déclaré prêt à une « obéissance totale ».

Cet alignement rapide est un élément central de la transition. Reuters rappelle que Mojtaba Khamenei entretient depuis longtemps des liens étroits avec les gardiens de la révolution et qu’il s’était imposé au fil des années comme un relais décisif du bureau de son père. Dans un système où le Guide suprême concentre l’autorité religieuse, politique et militaire, ce soutien des appareils coercitifs pèse lourd dans la consolidation du pouvoir.

Washington et Israël avaient déjà contesté l’hypothèse

Avant même l’annonce officielle, Donald Trump avait publiquement affirmé que les États-Unis devaient jouer un rôle dans le choix du futur dirigeant iranien. Dans un entretien à Reuters le 5 mars, il déclarait vouloir être associé au processus de désignation du prochain chef de l’Iran et jugeait peu probable, voire inacceptable, l’option Mojtaba Khamenei. Reuters rapporte aussi qu’après l’annonce, Trump a encore averti qu’un dirigeant non approuvé par Washington ne durerait pas longtemps.

Israël avait également haussé le ton. D’après Reuters et Al Jazeera, les autorités israéliennes avaient prévenu que tout successeur d’Ali Khamenei pourrait devenir une cible. Cette menace s’inscrit dans une campagne militaire que Benjamin Netanyahu a présentée, selon Reuters, comme destinée à frapper les dirigeants iraniens « sans merci » et à déstabiliser le régime.

Une nomination lourde de symboles pour la République islamique

L’accession du fils d’Ali Khamenei à la tête de l’État revêt une portée politique particulière. La République islamique s’est construite en rupture avec l’ordre monarchique renversé en 1979. La perspective d’une transmission familiale du pouvoir avait donc nourri de longue date les critiques de ceux qui y voyaient une contradiction avec le récit fondateur du régime. Reuters souligne néanmoins que l’issue du vote montre que les courants les plus durs restent solidement installés au centre du pouvoir iranien.

À court terme, la désignation de Mojtaba Khamenei ne marque pas une décrispation. Elle intervient alors que la guerre se poursuit, que des infrastructures pétrolières iraniennes ont été visées, que les cours du pétrole ont bondi de plus de 20 % en début de séance selon Reuters, et que Téhéran affiche une ligne de défi face aux appels américains à la reddition. La succession est donc à la fois un acte de continuité institutionnelle et un signal politique envoyé en pleine confrontation régionale.

En nommant Mojtaba Khamenei au sommet de l’État, le régime iranien a voulu refermer immédiatement la vacance du pouvoir ouverte par la mort d’Ali Khamenei. Mais cette transition, adossée au soutien des appareils sécuritaires et contestée par Washington comme par Israël, s’ouvre dans les pires conditions possibles pour Téhéran, au cœur d’une guerre qui continue de redessiner l’équilibre régional.

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