Dans le texte diffusé par l’Élysée, les dirigeants français, allemand et britannique se disent « consternés » par des attaques iraniennes menées contre « des pays dans la région », y compris, précisent-ils, des États « qui n’étaient pas impliqués dans les opérations militaires initiales américaines et israéliennes ».
Le communiqué évoque une menace directe pour « notre personnel militaire » et « nos civils à travers la région », et appelle l’Iran à cesser « immédiatement » ces attaques.
Surtout, le texte ouvre la voie à un engagement accru. Les trois dirigeants annoncent vouloir « prendre des mesures pour défendre nos intérêts et ceux de nos alliés », « potentiellement » en « permettant une action défensive nécessaire et proportionnée » afin de « détruire la capacité de l’Iran à tirer des missiles et des drones à leur source ». Ils indiquent enfin être convenus de « travailler ensemble avec les États-Unis et les alliés de la région ».
Le Royaume-Uni autorise l’usage de bases britanniques par les États-Unis
Côté britannique, Keir Starmer a déclaré dimanche que Londres avait accepté une demande américaine d’utiliser des bases britanniques pour des frappes limitées présentées comme défensives, visant des dépôts et lanceurs de missiles iraniens. Selon plusieurs récits concordants, le Premier ministre a insisté sur le fait que le Royaume-Uni n’avait pas participé aux frappes initiales en Iran et n’entendait pas prendre part à des actions offensives, tout en plaidant pour une issue diplomatique.
Dans ses éléments de communication, le gouvernement britannique met en avant la protection de ses ressortissants dans la région et la logique de « défense collective », dans un contexte où Londres évalue à environ 200 000 le nombre de Britanniques présents dans les pays affectés par la crise.
Dans le même temps, le ministère britannique de la défense a indiqué que les forces armées réagissaient à une « frappe de drone présumée » sur la base de la Royal Air Force à Akrotiri, à Chypre, survenue autour de minuit, heure locale.
La base d’Akrotiri est un point d’appui majeur du dispositif britannique en Méditerranée orientale et au Moyen-Orient, ce qui la place mécaniquement au cœur des risques de débordement en cas d’embrasement régional.
La poussée de tensions s’est accompagnée de messages officiels de prudence. La diplomatie britannique a exhorté les ressortissants présents dans plusieurs États du Golfe à se mettre à l’abri et à limiter leurs déplacements, tout en actualisant ses recommandations de voyage.
Paris rehausse sa posture défensive après une atteinte matérielle aux Émirats arabes unis
En France, Emmanuel Macron a réuni dimanche un Conseil de défense et de sécurité nationale consacré à la situation en Iran et au Moyen-Orient. Dans ses propos introductifs publiés par l’Élysée, il a décrit une « escalade régionale sans précédent » et a fait état d’une atteinte matérielle concernant l’emprise française aux Émirats arabes unis. Un « hangar » de la base française, « mitoyenne de la base émirienne », a été touché lors d’une attaque de drone visant le port d’Abou Dabi, avec des dégâts « matériels et limités » et « aucun blessé ».
Le chef de l’État a annoncé un relèvement de la posture et de l’accompagnement défensifs, en rappelant la priorité donnée à la sécurité des ressortissants et des emprises militaires et diplomatiques, ainsi qu’aux capacités d’évacuation dès réouverture des espaces aériens.
L’Union européenne appelle à la « retenue maximale »
À Bruxelles, les Vingt-Sept ont publié un appel à la « retenue maximale » et au respect du droit international, à l’issue d’échanges d’urgence entre ministres des Affaires étrangères, selon Reuters. L’UE a également mis en avant le risque d’effets économiques et de perturbations des routes d’approvisionnement, notamment dans le détroit d’Ormuz.
La déclaration du groupe E3 marque un durcissement du registre, avec une formulation qui assume la possibilité d’actions militaires, mais en les cadrant explicitement comme défensives, « nécessaires » et « proportionnées », et en les arrimant à une coordination avec Washington et des partenaires régionaux.
Reste que, sur le terrain, l’apparition d’incidents visant des emprises militaires occidentales, comme à Chypre, réduit les marges politiques. À mesure que les frappes et ripostes s’enchaînent, l’enjeu immédiat, pour les capitales européennes, devient double. Protéger leurs personnels et leurs ressortissants, tout en évitant que la logique de représailles ne transforme des « actions défensives » annoncées en engrenage durable.