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Washington se dit prêt à rencontrer l’Iran et à négocier un accord

L’administration de États-Unis a fait savoir à l’Iran, par « plusieurs canaux », qu’elle se disait ouverte à une rencontre afin de négocier un accord, selon Axios.

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L’administration de États-Unis a fait savoir à l’Iran, par « plusieurs canaux », qu’elle se disait ouverte à une rencontre afin de négocier un accord, selon Axios. Des médiateurs régionaux, la Turquie, l’Égypte et le Qatar, travaillent à l’organisation d’un échange à Ankara « plus tard cette semaine ».

Le président américain multiplie les avertissements depuis le début du mouvement de contestation en Iran. Tout en répétant négocier avec Téhéran pour éviter une telle issue. « J’espère qu’on va trouver un accord », a déclaré Donald Trump à la presse. « Si n’avons pas d’accord, nous allons voir si [le guide suprême] avait raison ou non », a-t-il ajouté.

Derrière les signaux d’ouverture, l’équation reste instable. La Maison-Blanche veut tester une voie de négociation tout en gardant l’option militaire sur la table. À Téhéran, le Guide suprême affiche une posture de confrontation et ne mentionne pas publiquement de pourparlers, au moment où des canaux indirects se multiplient.

Selon Axios, des intermédiaires travaillent à la tenue d’une réunion entre l’émissaire de la Maison-Blanche Steve Witkoff et des responsables iraniens de haut niveau à Ankara « plus tard cette semaine ». Un responsable américain a confirmé au média qu’une rencontre « pourrait » avoir lieu en Turquie dans les prochains jours, tandis qu’un responsable d’un pays impliqué dans la médiation a indiqué que le processus « avance » et que les efforts se poursuivent.

Côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a déclaré fin janvier que son pays était prêt à des négociations « justes et équitables », tout en affirmant qu’aucun plan n’était arrêté à ce stade et qu’aucun dialogue ne pouvait se tenir « sous la menace ».

De Doha au Caire

Plusieurs capitales régionales tentent de réduire le risque d’escalade. Le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères du Qatar Mohammed ben Abdulrahman Al Thani a rencontré à Téhéran le responsable iranien Ali Larijani, en charge d’un organe clé de sécurité, pour évoquer l’apaisement des tensions régionales.

Dans le même temps, la présidence égyptienne a rendu compte d’un échange téléphonique entre le président Abdel Fattah al-Sisi et son homologue iranien Masoud Pezeshkian. Le communiqué officiel mentionne une discussion portant sur les développements régionaux et la nécessité de contenir l’escalade.

À Ankara, le ministère turc des Affaires étrangères indique que Hakan Fidan a reçu Abbas Araghchi le 30 janvier à Istanbul et qu’une conférence de presse conjointe a suivi, sans préciser publiquement de calendrier de rencontre américano-iranienne.

Washington renforce sa posture militaire tout en parlant de « deal »

Sur le plan militaire, la montée en puissance est documentée. En effet, l’entrée dans la zone de responsabilité du commandement central américain d’un groupe aéronaval incluant le porte-avions USS Abraham Lincoln et plusieurs destroyers. Des responsables américains ont présenté ce déploiement comme visant à renforcer la capacité des États-Unis à défendre leurs forces et, potentiellement, à agir contre l’Iran.

Dans ce contexte, Donald Trump a tenu ces derniers jours plusieurs propos publics insistant sur la possibilité d’un accord. Selon Sky News, interrogé à bord d’Air Force One, le président américain a dit espérer une négociation « acceptable » et a répété qu’un accord devait aboutir à « pas d’armes nucléaires », ajoutant que l’Iran « parle » aux États-Unis « sérieusement ».

Une « guerre régionale »

Dimanche, le Guide suprême Ali Khamenei a averti qu’une attaque américaine déclencherait, selon lui, une « guerre régionale » dans un discours prononcé à Téhéran. Le même jour, il a accusé les États-Unis de vouloir « dévorer » l’Iran et s’approprier ses ressources, selon les éléments rapportés par plusieurs médias.

En parallèle, Abbas Araghchi a déclaré à CNN que des « pays amis » tentaient de bâtir de la confiance entre les deux parties. Il a dit voir la possibilité de discussions si l’équipe américaine suivait la ligne exposée par Donald Trump et si l’objectif restait un accord garantissant l’absence d’armes nucléaires, tout en évoquant, en contrepartie, la question des sanctions et des droits iraniens en matière de nucléaire civil.

Face à cette montée diplomatique, le chef d’état-major israélien Eyal Zamir s’était rendu à Washington pour des discussions au Pentagone avec le chef d’état-major interarmées américain Dan Caine, sur fond de tensions croissantes avec l’Iran. A ce stade, les détails n’ont pas été rendus publics, mais la réunion a eu lieu alors que l’administration américaine accroît sa présence navale et de défense aérienne au Moyen-Orient.

Le Diplomate

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Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).

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