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Les États-Unis donnent de nouvelles instructions à l’intention des navires transitant par le détroit d’Ormuz

Face au risque d’arraisonnement et de détention par l’Iran, les États-Unis ont diffusé de nouvelles recommandations de sécurité à destination des navires commerciaux battant pavillon américain qui traversent le détroit d’Ormuz et ses abords.

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L’administration maritime américaine, rattachée au département des Transports, a publié, lundi, un avis de sûreté intitulé 2026-001 portant sur le golfe Persique, le détroit d’Ormuz et le golfe d’Oman, en réponse au risque d’« embarquement illégal », de « détention » et de « saisie » par les forces iraniennes.

Le document détaille une conduite à tenir en plusieurs temps. En cas d’interpellation radio, les capitaines sont invités à communiquer le nom du navire et son pavillon, puis à indiquer qu’ils naviguent « conformément au droit international » tel qu’il est « reflété » par la Convention sur le droit de la mer, selon le texte américain.

Si des forces iraniennes demandent à monter à bord, l’avis recommande au capitaine de « décliner l’autorisation » lorsque « la sécurité du navire et de l’équipage » n’est pas compromise, en réaffirmant la navigation « conformément au droit international ».

En revanche, si l’arraisonnement a lieu, la consigne change de nature. L’administration américaine écrit que l’équipage ne doit « pas résister par la force » à la partie qui embarque, tout en précisant que l’absence de résistance « n’implique pas un consentement » à l’arraisonnement.

Éviter les eaux iraniennes et se rapprocher d’Oman à l’est

Le cœur des nouvelles directives concerne aussi la route elle-même. L’avis estime qu’il est « recommandé » que les navires américains restent « aussi loin que possible » de la mer territoriale iranienne, sans compromettre la sécurité de la navigation. Pour une traversée vers l’est, il est explicitement conseillé de transiter « près de la mer territoriale d’Oman ».

L’administration recommande également de laisser le système AIS activé, d’effectuer une évaluation des risques avant le départ, de surveiller le canal VHF 16, et de coordonner la planification avec le dispositif de guidance maritime de l’US Navy dans la région. En cas d’incident, l’avis cite notamment l’activation du système d’alerte du navire et le contact avec la Ve flotte américaine, ainsi que le signalement à l’UKMTO, le centre britannique de liaison maritime.

Un texte publié après un signalement d’activité suspecte en mer

Cette mise à jour intervient dans un climat de tensions persistantes entre Washington et Téhéran et après des alertes sur des approches en mer. Le 3 février, l’UKMTO a indiqué avoir reçu un rapport concernant un incident à 16 milles nautiques au nord d’Oman, dans le dispositif de séparation du trafic du détroit d’Ormuz. Selon cet avis, un navire a été hélé sur VHF par « de nombreux petits navires armés », a ignoré la demande d’arrêt et a poursuivi sa route.

À la même date, Reuters a rapporté, en citant des sources maritimes et une société de conseil en sécurité, que des vedettes iraniennes s’étaient approchées d’un pétrolier battant pavillon américain dans le détroit, et que le navire avait continué sa route, escorté par un bâtiment américain, tandis que des versions divergentes circulaient côté iranien sur une éventuelle incursion dans les eaux territoriales.

Un goulet énergétique mondial sous surveillance

Le détroit d’Ormuz relie le golfe Persique au golfe d’Oman. Son importance tient d’abord aux volumes d’hydrocarbures qui y transitent. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie, les flux pétroliers qui y passent ont atteint en moyenne environ 20 millions de barils par jour en 2024, soit l’équivalent d’environ 20 pour cent de la consommation mondiale de liquides pétroliers.

C’est aussi ce caractère stratégique qui alimente la sensibilité du marché et des États riverains à la moindre montée de tension. Reuters souligne que l’Iran a, par le passé, menacé de fermer le détroit, et que des saisies de navires y ont déjà eu lieu, Téhéran invoquant des accusations de contrebande.

Discussions sous tensions

L’avis américain est publié alors que les discussions indirectes sur le nucléaire iranien, médiatisées par Oman ont repris ces derniers jours, dans un contexte de fortes pressions politiques et économiques.

Pour les armateurs et les équipages, le message officiel américain vise surtout à réduire le risque d’escalade à bord, dans une zone où l’approche de petites unités armées, les communications radio et les contestations de route peuvent rapidement faire basculer un transit commercial en incident politique.

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