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L’UE s’accorde pour inscrire les Gardiens de la révolution sur la liste terroriste

Les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne ont approuvé, jeudi 29 janvier, l’inscription des Gardiens de la révolution islamique sur la liste européenne des organisations terroristes.

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Réunis à Bruxelles, les Vingt-Sept ont donné, jeudi 29 janvier, leur accord pour classer les Gardiens de la révolution islamique, la force militaire et sécuritaire la plus puissante d’Iran, parmi les organisations terroristes au titre du régime européen de lutte contre le terrorisme. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a justifié ce tournant par la violence de la répression menée contre des manifestations en Iran. « La répression ne peut rester sans réponse », a-t-elle écrit, ajoutant qu’« un régime qui tue des milliers de ses propres citoyens œuvre à sa propre perte ». 

L’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste terroriste a longtemps divisé les capitales européennes, entre tenants d’un durcissement et partisans de préserver des canaux diplomatiques avec Téhéran. Plusieurs médias européens rappellent que l’idée avait été défendue de manière récurrente depuis 2023, notamment au Parlement européen, sans aboutir jusqu’ici. 

Le contexte de janvier 2026 a accéléré la dynamique, et plusieurs États jusque-là réticents ont fini par soutenir la démarche après un mouvement de protestation national et une répression que les responsables européens attribuent notamment aux Gardiens de la révolution et à leurs forces affiliées. 

Un basculement

La liste européenne dite « 2001/931 » constitue un cadre spécifique, distinct d’autres régimes de sanctions de l’UE. Son architecture repose sur une base juridique adoptée après les attentats du 11 septembre 2001, et encadre à la fois le gel d’avoirs, l’interdiction de mettre des fonds à disposition et le renforcement de la coopération policière et judiciaire. 

Concrètement, l’inscription vise à tarir les relais financiers et logistiques de l’organisation sur le territoire européen et à faciliter la réponse pénale, lorsqu’elle est applicable, aux activités liées à l’entité listée. Les modalités exactes, notamment l’entrée en vigueur opérationnelle, s’appuient sur des actes juridiques publiés et mis à jour régulièrement par le Conseil. 

Nouvelles sanctions en parallèle

L’accord sur la liste terroriste s’est accompagné d’un paquet de sanctions supplémentaires. En effet, l’UE a adopté de nouvelles mesures visant 15 personnes et six entités liées à l’appareil de répression, ainsi qu’à des structures accusées de contribuer à la censure, à la désinformation ou à la coercition interne. 

Dans sa communication publique, Kaja Kallas a présenté l’ensemble comme une réponse proportionnée à la situation, tout en soulignant que l’Union entendait conserver des voies de dialogue. Reuters cite aussi plusieurs ministres insistant sur le fait que la pression accrue n’exclut pas le maintien de canaux diplomatiques jugés nécessaires, notamment pour la sécurité régionale et la protection de ressortissants européens. 

Téhéran condamne, l’UE se rapproche des positions américaine et canadienne

L’Iran a vivement dénoncé la décision, notamment le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi a condamné l’inscription avertissant que la « position actuelle de l’Union européenne à l’égard de l’Iran porte gravement atteinte à ses propres intérêts ». Et que « l’Europe s’emploie à attiser le conflit, et aucun État européen ne cherche à éviter une guerre totale », ajoute-t-il. 

Plusieurs médias soulignent que la mesure aligne davantage l’UE sur des partenaires qui avaient déjà pris des décisions comparables à l’égard des Gardiens de la révolution, dont les États-Unis et le Canada, ainsi que l’Australie. 

Sur le terrain iranien, le bilan humain de la répression demeure disputé et difficile à établir de manière indépendante. L’agence AP rapporte des estimations avancées par des militants faisant état de plusieurs milliers de morts, quand d’autres sources citées dans la presse européenne renvoient à des bilans d’organisations de défense des droits. 

Une décision à forts effets d’affichage, aux conséquences surveillées de près

Au-delà des effets juridiques, l’inscription des Gardiens de la révolution sur la liste terroriste a une portée politique majeure. Elle met en cause, de manière frontale, une institution centrale du système iranien, présente à la fois dans les domaines militaire, sécuritaire et économique. La presse européenne insiste sur le signal envoyé à Téhéran et sur le risque de mesures de rétorsion, y compris à l’encontre d’intérêts européens dans la région. 

Pour Bruxelles, l’enjeu est double, c’est-à-dire accroître le coût politique et financier de la répression, tout en évitant une rupture totale des canaux nécessaires à la gestion des crises régionales. Une ligne de crête résumée par la formule de Kaja Kallas, devenue l’axe public de cette séquence diplomatique. La répression, a-t-elle martelé, « ne peut rester sans réponse ».

Le Diplomate

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Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).

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