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Gaza : des frappes israéliennes font au moins trois morts malgré le cessez-le-feu

Trois Palestiniens, dont un adolescent de 15 ans, ont été tués mardi dans la bande de Gaza par des frappes israéliennes. Ces attaques, sur lesquelles l’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat, interviennent dans un territoire où la trêve conclue en octobre 2025 reste minée par des violences presque quotidiennes.

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Au moins trois Palestiniens ont été tués, mardi, dans la bande de Gaza lors de frappes israéliennes distinctes, selon des responsables sanitaires locaux et des secouristes. Parmi les victimes figure un adolescent de 15 ans, tué lors d’une frappe visant un poste de police dans le nord de l’enclave. Plusieurs autres personnes ont été blessées au cours de la journée.

Les premières informations disponibles font état d’une frappe aérienne près du quartier de Cheikh Radwan, à Gaza-Ville, qui a tué un Palestinien et blessé deux autres personnes. Un deuxième Palestinien a été tué par un tir de char israélien dans le centre de la bande de Gaza. Plus tard dans la journée, une frappe a visé un commissariat dans le nord du territoire, tuant l’adolescent. Le ministère de l’intérieur administré par le Hamas a affirmé que des policiers avaient également été blessés.

Aucun commentaire israélien immédiat n’a été communiqué sur ces incidents. Cette absence de réaction officielle ne permet pas, à ce stade, d’établir la cible précise revendiquée par l’armée israélienne, ni les circonstances exactes de chacune des frappes.

La police du Hamas de plus en plus visée

Dans une tendance plus large, Israël a intensifié ses frappes contre la police administrée par le Hamas dans la bande de Gaza, qu’il considère comme un instrument de maintien de l’emprise du mouvement islamiste sur les zones qu’il contrôle encore.

Cette dimension donne à l’épisode une portée plus politique que strictement militaire. Dans Gaza, les forces de police ne relèvent pas seulement de la sécurité intérieure. Elles participent aussi au contrôle de l’ordre public dans un territoire ravagé, déplacé, fragmenté et toujours soumis à des opérations israéliennes. Les viser revient donc à frapper un rouage de l’administration de fait du Hamas, au risque d’aggraver encore la désorganisation civile dans l’enclave.

À l’hôpital Al-Chifa, le principal établissement médical encore partiellement fonctionnel à Gaza, des proches se sont rassemblés mardi autour de l’une des victimes, Mohammed Al-Ghandour. Dans la cour de la morgue, deux jeunes filles pleuraient, réconfortées par une femme. « L’ennemi sioniste ne connaît rien qui s’appelle une trêve et ne respecte ni les traités internationaux, ni les lois, ni le droit humanitaire », a accusé l’oncle de la victime, Abu Omar Al-Naffar.

Une trêve minée par les accusations croisées

Le cessez-le-feu conclu en octobre 2025 n’a pas mis fin aux violences. Depuis son entrée en vigueur, au moins 830 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza, selon des sources médicales locales. Israël affirme, de son côté, que quatre de ses soldats ont été tués par des combattants palestiniens sur la même période.

Les deux parties se renvoient la responsabilité des violations de la trêve. Israël soutient que ses frappes visent à empêcher le Hamas et d’autres groupes armés palestiniens de préparer des attaques contre ses forces. Le Hamas et les autorités locales de Gaza dénoncent, eux, la poursuite d’opérations israéliennes qui, selon eux, vident le cessez-le-feu de sa substance.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, avait déjà alerté en avril sur la persistance des attaques israéliennes six mois après l’annonce du cessez-le-feu. Il estimait alors que les Palestiniens de Gaza demeuraient exposés dans l’ensemble de l’enclave, malgré l’existence formelle de la trêve.

Un territoire resserré, sous contrôle fragmenté

Depuis la trêve d’octobre, Israël occupe toujours plus de la moitié de la bande de Gaza. L’armée israélienne y a ordonné l’évacuation de résidents et détruit la plupart des structures encore debout dans certaines zones. La quasi-totalité des plus de deux millions d’habitants vit désormais dans une bande côtière étroite, principalement sous tentes ou dans des bâtiments endommagés, dans des secteurs placés de facto sous le contrôle du Hamas.

Des cartes israéliennes consultées fin avril faisaient apparaître une extension des zones de contrôle militaire dans Gaza, avec une nouvelle démarcation portant à près des deux tiers la part du territoire placée sous contrôle israélien ou soumise à de fortes restrictions. Cette configuration alimente l’incertitude sur les limites réelles de la trêve et sur les espaces encore accessibles aux civils, aux secouristes et aux organisations humanitaires.

Dans le même temps, la situation humanitaire reste critique. Plus de six mois après le cessez-le-feu, l’accès à l’eau demeure dégradé, notamment dans les camps côtiers comme Al-Mawasi. Une très large partie des infrastructures hydrauliques de Gaza a été détruite pendant la guerre, tandis qu’une grande part de la population dépend désormais de livraisons par camions.

La guerre continue sous le seuil de la rupture

Depuis le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, plus de 72 500 Palestiniens ont été tués, majoritairement des civils, selon les autorités sanitaires de Gaza. Ce bilan, régulièrement contesté par Israël dans son interprétation politique, demeure l’un des principaux repères statistiques disponibles sur l’ampleur humaine du conflit.

Les frappes de mardi ne modifient pas à elles seules l’équilibre militaire. Elles confirment toutefois une réalité plus lourde pour la diplomatie régionale. Le cessez-le-feu tient formellement, mais il ne produit ni sécurité durable pour les civils palestiniens, ni arrêt complet des opérations israéliennes, ni clarification politique sur l’après-guerre.

Gaza reste enfermée dans une trêve sans stabilisation. Le cessez-le-feu existe toujours, mais son effectivité se joue désormais au jour le jour, entre opérations israéliennes, bilans contestés et redécoupage militaire du territoire.

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