Le général Mohammed Ali Ahmed al-Haddad, chef d’état-major des forces relevant du gouvernement de Tripoli, a trouvé la mort mardi 23 décembre 2025 dans le crash d’un jet privé parti d’Ankara vers la Libye.
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Le général Mohammed Ali Ahmed al-Haddad, chef d’état-major des forces relevant du gouvernement de Tripoli, a trouvé la mort mardi 23 décembre 2025 dans le crash d’un jet privé parti d’Ankara vers la Libye.

Le drame s’est noué quelques dizaines de minutes après le décollage d’un Dassault Falcon 50 depuis l’aéroport d’Ankara-Esenboğa, où une délégation libyenne venait d’achever une séquence de rencontres avec des responsables turcs. L’appareil, à destination de Tripoli, a perdu le contact radio alors qu’il survolait le district de Haymana, au sud de la capitale turque, après avoir signalé une situation d’urgence et demandé un déroutement pour atterrissage d’urgence, selon les autorités turques.
Le crash s’est produit dans une zone rurale, près de villages de la région, à environ 70–80 km au sud d’Ankara (selon les sources). Le bilan communiqué converge sur un point : la disparition du général al-Haddad et de plusieurs membres de sa délégation. Des médias internationaux indiquent qu’au total huit personnes ont péri, incluant des passagers libyens et des membres d’équipage.
Très vite, le Premier ministre du Gouvernement d’union nationale (GNU), Abdelhamid Dbeibah, a annoncé avoir reçu la confirmation du décès du chef d’état-major et a salué la mémoire de responsables militaires « au service de l’État ». Dans la soirée, les autorités libyennes ont décrété trois jours de deuil national et envoyé des responsables à Ankara pour suivre l’enquête et les procédures.
Côté turc, une enquête judiciaire a été ouverte pour déterminer les causes exactes de l’accident (panne technique, défaillance mécanique, circonstances du signal d’urgence, trajectoire). Les autorités ont indiqué que les investigations étaient en cours, alors que des éléments de chronologie (perte de contact après le décollage, demande d’atterrissage d’urgence) dessinent un incident survenu très rapidement après la mise en route du vol.
Au-delà du drame humain, la mort du général al-Haddad intervient dans un contexte stratégique sensible. La Turquie demeure un soutien militaire et politique majeur du pouvoir installé à Tripoli depuis la séquence de guerre civile et de fragmentation institutionnelle qui a suivi 2011. La visite de la délégation libyenne à Ankara s’inscrivait précisément dans ce cadre de coordination sécuritaire, à un moment où la présence turque en Libye reste un marqueur géopolitique régional.
L’accident survient également au lendemain d’une actualité parlementaire en Turquie : selon Reuters, la Grande Assemblée nationale a validé une extension du mandat de déploiement turc en Libye, rappelant la centralité de ce dossier pour Ankara et, par ricochet, la portée politique du crash.
Dans l’immédiat, plusieurs questions se posent : la continuité de la chaîne de commandement côté Tripoli, la gestion des relations politico-militaires avec Ankara, et la manière dont cet événement pourra être instrumentalisé dans une Libye où l’unification des institutions demeure inachevée. Les conclusions techniques de l’enquête turque — attendues après l’analyse des communications, du plan de vol et des débris — seront déterminantes pour établir les responsabilités et éviter, le cas échéant, toute lecture spéculative.
Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).