Donald Trump a annoncé dimanche que des promesses de financement « de plus de 5 milliards de dollars » seraient rendues publiques jeudi, lors de la première réunion officielle du « Conseil de la paix», un mécanisme international qu’il préside et qu’il présente comme un pilier de la phase de reconstruction à Gaza.
L’initiative, adossée à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU adoptée en 2025, prévoit aussi le déploiement d’une force de stabilisation et de dispositifs de police locaux, alors que le cessez-le-feu conclu à l’automne fait l’objet d’accusations répétées de violations.
Le président américain a détaillé ces éléments dans une publication sur Truth Social, précisant que la réunion de jeudi se tiendrait au Donald J. Trump Institute of Peace, institution dont le Département d’État a annoncé le changement de nom. Sur ces informations, des délégations de plus de 20 pays, dont des chefs d’État, sont attendues.
Donald Trump dans son message, dans lequel il écrit que le Conseil de la paix « prouvera être l’organe international le plus conséquent de l’Histoire » et qu’il est « honoré » d’en être le président.
Des contributions financières, et des effectifs pour une force de stabilisation
Donald Trump affirme que des États membres se sont également engagés à fournir « des milliers de personnels » destinés à une force de stabilisation autorisée par l’ONU et à des forces de police locales à Gaza.
Sur le volet des contributions en effectifs, l’Indonésie a apporté, ces dernières heures, les annonces les plus concrètes. Jakarta prépare le déploiement de 1 000 soldats d’ici début avril 2026, avec un volume pouvant atteindre 8 000 soldats « prêts » d’ici fin juin, sous réserve d’une décision finale de la présidence indonésienne. Les autorités indonésiennes soulignent que l’engagement serait non combattant et conditionné au consentement des autorités palestiniennes.
Un dispositif adossé à une résolution du Conseil de sécurité
Le Conseil de la paix s’inscrit dans un cadre onusien plus large. Un communiqué de l’ONU sur la résolution adoptée le 17 novembre 2025 indique que le Conseil de sécurité a autorisé une force internationale de stabilisation à Gaza et accueilli la mise en place du Board of Peace dans l’architecture post-conflit envisagée.
Ce dispositif a été « approuvé » dans le cadre d’une résolution du Conseil de sécurité soutenant un plan porté par l’administration Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza.
L’annonce des promesses financières intervient alors que l’ampleur des besoins dépasse très largement le montant évoqué. Selon l’ONU, la Banque mondiale et l’Union européenne, la reconstruction de Gaza est estimée à environ 70 milliards de dollars.
Un cessez-le-feu contesté, et des partenaires encore prudents
Le cessez-le-feu, entré en vigueur en octobre à la suite d’un accord intervenu l’année précédente, est régulièrement contesté par les deux camps, qui s’accusent mutuellement de violations. De son côté, le ministère de la Santé à Gaza fait état de plus de 590 Palestiniens tués par des tirs israéliens depuis le début du cessez-le-feu, tandis qu’Israël affirme que quatre de ses soldats ont été tués par des militants palestiniens sur la même période.
Parallèlement, un clivage diplomatique autour de la nouvelle structure. Des puissances régionales comme la Turquie, l’Égypte, l’Arabie saoudite ou le Qatar figurent parmi les pays ayant rejoint le Conseil de la paix alors que plusieurs alliés occidentaux des États-Unis se montrent plus réservés.
Dernier signal politique en date, Bruxelles a confirmé que la commissaire européenne Dubravka Šuica se rendra à Washington pour assister à la réunion en qualité d’observatrice, sans adhésion formelle au Conseil. Selon Reuters, cette présence s’inscrit dans l’engagement de l’UE en faveur du cessez-le-feu et de la reconstruction.
À ce stade, aucune source, précisément, promettent des fonds, ni la ventilation entre reconstruction et aide humanitaire. Les annonces de jeudi devraient donc clarifier trois points décisifs. L’identité des contributeurs, les montants effectivement garantis, et le calendrier de décaissement, ainsi que la traduction opérationnelle des engagements en personnels pour la force de stabilisation.
En attendant, l’initiative se présente comme un test diplomatique majeur. Elle vise à transformer un cadre onusien voté en 2025 en financements et en capacités sur le terrain, dans un contexte de cessez-le-feu fragile et de reconstruction chiffrée en dizaines de milliards.

Partagez votre regard
Discussion modérée.Chaque contribution est relue par la rédaction avant publication. Restez précis, respectueux et centré sur le sujet de l’article.