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Genève remet l’Ukraine au centre des négociations, avec la question des territoires comme point de rupture

Les délégations ukrainienne, russe et américaine se retrouvent à Genève les 17 et 18 février 2026 pour un nouveau round de pourparlers sous médiation de Washington.

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La guerre se poursuit, mais la diplomatie reprend ses droits, au moins pour quarante-huit heures. À Genève, l’Ukraine, la Russie et les États-Unis ouvrent, ce mardi et mercredi, un nouveau cycle de discussions présenté comme la suite des rounds organisés depuis janvier, après deux sessions précédentes tenues à Abou Dhabi.

Le dossier territorial s’annonce décisif, Moscou réclamant des concessions et Kiev réaffirmant son refus. En toile de fond, le sort du Donbass, le statut de la centrale de Zaporijjia et l’hypothèse d’une présence militaire occidentale après-guerre cristallisent des lignes rouges qui rendent l’issue incertaine.

Selon les autorités suisses, les échanges se déroulent à huis clos, sans présence des médias. Une configuration qui renforce le poids des déclarations officielles diffusées en amont et des signaux envoyés par les trois capitales.

Un format trilatéral sous impulsion américaine

Ce troisième rendez-vous intervient alors que Washington affiche une volonté politique forte d’obtenir une inflexion, sinon une percée. Le président américain Donald Trump a de nouveau appelé à une conclusion rapide, décrivant le conflit comme un « senseless bloodbath », tout en accusant Kiev de freiner un compromis.

Du côté ukrainien, la délégation est conduite par Rustem Umerov, figure déjà engagée dans les séquences précédentes. Les responsables ukrainiens assurent arriver avec une disposition au dialogue, tout en cadrant les discussions sur des volets humanitaires et sécuritaires.

La Russie dépêche une équipe emmenée par Vladimir Medinsky, conseiller du Kremlin, entouré notamment de hauts responsables identifiés par Moscou et par la presse internationale, dont Igor Kostyukov et Kirill Dmitriev.

La question territoriale au cœur des « lignes rouges »

Le nœud du round genevois est explicitement territorial. Le Kremlin indique que les « principales questions », dont le territoire, sont à l’ordre du jour.

Moscou maintient des exigences maximalistes sur les régions de l’est. D’après les éléments rapportés avant la réunion, la Russie continue de réclamer que l’Ukraine concède l’intégralité du Donbass, ce que Kiev rejette.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a répété publiquement qu’un échange ou un abandon de territoires n’était pas envisageable. Lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, il a notamment déclaré qu’il était impossible de « se retirer » du territoire ukrainien ou d’« échanger une parcelle contre une autre », qualifiant cette idée de « folie ».

Cet antagonisme structure la négociation. Pour Kiev, toute concession territoriale entérine l’annexion de facto et crée un précédent durable. Pour Moscou, l’obtention d’un gain territorial formalisé est présentée comme la condition minimale d’un accord, avec une dimension symbolique de victoire.

Parmi les dossiers cités comme particulièrement sensibles figure la centrale nucléaire de Zaporijjia, régulièrement mentionnée dans les discussions sur un futur dispositif de sécurité et sur le contrôle d’infrastructures critiques. Sur ces informations, le sujet figure parmi les points de friction, au même titre que le Donbass.

À ce stade, aucune partie ne détaille publiquement un schéma de gouvernance ou de contrôle. Mais la présence de ce dossier dans les éléments avancés avant Genève illustre un enjeu clé, celui de la sécurisation d’un site stratégique qui dépasse le seul cadre bilatéral.

L’hypothèse de troupes occidentales

Autre point régulièrement évoqué en amont, la question d’un rôle de troupes occidentales dans un éventuel arrangement post-conflit. Le sujet apparaît comme une ligne rouge russe, tandis qu’il est discuté côté occidental comme une option de sécurisation d’un futur cessez-le-feu. Reuters souligne que la présence de troupes occidentales en Ukraine après la guerre figure parmi les thèmes susceptibles d’être abordés.

Là encore, la discussion est hautement politique. Pour Moscou, toute présence militaire occidentale peut être présentée comme l’extension d’une influence hostile. Pour Kiev, l’enjeu des garanties de sécurité reste central, notamment si la question territoriale est posée de façon frontale.

Bombardements et pression stratégique

Ces discussions s’ouvrent sous la contrainte du terrain. Volodymyr Zelensky a averti, à la veille des pourparlers, que la Russie préparait selon lui de nouvelles frappes d’ampleur, en particulier contre les infrastructures énergétiques, citant des informations de renseignement.

Le contexte militaire pèse sur les délégations de deux manières. D’abord, il rappelle que l’urgence humanitaire ne disparaît pas avec la diplomatie. Ensuite, il alimente les logiques de pression, chacune des parties cherchant à négocier sans apparaître affaiblie.

Après Abou Dhabi, une série de rounds sans percée

Les discussions de Genève s’inscrivent dans une séquence diplomatique relancée depuis janvier. Selon l’Associated Press, les rounds précédents n’ont pas produit d’avancée majeure vers un règlement politique, même si des échanges ont permis des résultats plus limités, dont un échange de prisonniers lors des phases antérieures.

La nouveauté de Genève tient à l’accent mis sur les dossiers les plus inflammables, en particulier le territoire. Reuters note qu’il s’agit du premier round présenté comme abordant directement, de manière centrale, la question des terres occupées.

Une diplomatie sous contrainte

À la veille de la quatrième année de la guerre, le rendez-vous genevois apparaît comme un test. Un test de la capacité américaine à rapprocher deux positions qui, publiquement, restent incompatibles. Un test aussi de la manière dont Kiev peut absorber la pression de Washington sans entamer ses lignes rouges.

Les paramètres annoncés d’entrée de jeu limitent les marges. Moscou affiche une demande de concessions territoriales substantielles. Kiev réaffirme que l’intégrité territoriale n’est pas négociable. Entre les deux, les États-Unis cherchent à imposer un calendrier et un cadre, tout en gardant la main sur la médiation.

Reste une question qui dominera la chute de ce round. Genève peut-elle produire autre chose qu’une photographie des divergences, alors même que le terrain continue de dicter son rythme et que les lignes rouges, cette fois, touchent au cœur de la souveraineté ukrainienne.

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