Quatre ans jour pour jour après le lancement de l’invasion russe à grande échelle, Emmanuel Macron a dénoncé un « triple échec » de Moscou en Ukraine sur les plans militaire, économique et stratégique.
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Quatre ans jour pour jour après le lancement de l’invasion russe à grande échelle, Emmanuel Macron a dénoncé un « triple échec » de Moscou en Ukraine sur les plans militaire, économique et stratégique.

Dans son message publié sur X, Emmanuel Macron formule une promesse et une mise en garde. « Nous sommes et resterons aux côtés de l’Ukraine », écrit-il, avant d’ajouter la phrase qui structure sa communication du jour. « À ceux qui croient pouvoir compter sur notre fatigue, ils se trompent. »
Le chef de l’État ancre cette position dans une lecture politique et morale du conflit. Il décrit « une guerre d’agression choisie par la Russie » et affirme que les frappes et destructions visent aussi la vie quotidienne des civils, en évoquant notamment le ciblage des infrastructures énergétiques.
Au cœur du texte présidentiel, la guerre serait un revers majeur pour Moscou. Emmanuel Macron écrit que « cette guerre est un triple échec pour la Russie, militaire, économique, stratégique ».
Le président français précise les trois ressorts de ce constat. Selon lui, la Russie « a renforcé l’OTAN » alors qu’elle cherchait à empêcher son expansion, « soudé les Européens » qu’elle voulait affaiblir, et « mis à nu la fragilité d’un impérialisme d’un autre âge ».
L’exécutif français annonce un maintien de la ligne de pression. Emmanuel Macron promet de « s’en prendre à l’économie de guerre russe », de « tenir le cap sur les sanctions » et de poursuivre les actions contre la « flotte fantôme », expression utilisée pour désigner les réseaux de navires soupçonnés de contourner les restrictions, en particulier dans le secteur énergétique.
La rhétorique vise à relier la durée de la guerre à une capacité de financement et de logistique. Le message suggère que le temps n’est pas seulement militaire. Il est aussi économique, donc vulnérable à des mesures de contrainte et de contrôle.
Le message français intervient dans une journée de mobilisation diplomatique plus large. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est arrivée en Ukraine pour marquer l’anniversaire du 24 février. Elle dit vouloir « envoyer un message clair au peuple ukrainien et à l’agresseur » et affirme « nous ne céderons pas tant que la paix ne sera pas rétablie ».
À Bruxelles, le secrétaire général de l’OTAN Mark Rutte insiste sur l’urgence d’un soutien quotidien en munitions et en capacités. « L’Ukraine a besoin de munitions aujourd’hui, et tous les jours jusqu’à la fin des massacres », déclare-t-il lors d’une cérémonie au siège de l’Alliance.
Dans le même temps, Moscou réaffirme officiellement que ses objectifs ne sont « pas encore atteints ». Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov déclare que « l’opération militaire spéciale se poursuit », tout en avançant que « beaucoup » d’objectifs auraient été remplis.
En choisissant la formule « ils se trompent », Emmanuel Macron cherche à verrouiller un signal politique. Celui d’un soutien qui se veut durable, malgré l’usure d’une guerre entrée dans sa cinquième année. Face à un Kremlin qui assume la poursuite de ses objectifs, Paris mise sur une équation simple. Tenir dans la durée, frapper les ressources de guerre, et convaincre que la fatigue n’est pas une stratégie.
Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).