Light
Dark

L’Allemagne détecte des centaines de drones suspects au-dessus de ses sites cette année

Berlin évoque une « menace hybride » alors que l’Allemagne recense plus d’un millier de survols suspects de drones depuis le début de 2025.

TOPSHOT-UKRAINE-RUSSIA-CONFLICT-WAR thumbnail

La police allemande a indiqué avoir détecté, depuis le début de l’année, le survol de centaines de drones jugés suspects dans l’espace aérien du pays, tandis que Berlin a commencé à muscler sa réponse face à un défi désormais qualifié de menace « hybride » par plusieurs responsables.

Le président de l’Office fédéral de la police criminelle (BKA), Holger Münch, a affirmé que les autorités avaient recensé plus de 1 000 survols suspects de drones en Allemagne entre le début de l’année et la mi-décembre. Il a précisé que le BKA consolidait un état des lieux « Lagebild » en lien avec la Bundeswehr afin d’évaluer l’ampleur et les modes opératoires de ces intrusions.

Selon Holger Münch, ces incidents visent de manière récurrente des sites hautement sensibles sur les plans sécuritaire et militaire, notamment des bases, des aéroports et des infrastructures critiques telles que des ports ou des entreprises liées à la défense.

Interrogé sur les spéculations faisant le lien entre ces survols et la Russie, le responsable allemand a souligné qu’il restait difficile de l’établir avec certitude, notamment en raison des obstacles techniques et judiciaires liés à l’identification des opérateurs (pilotage à distance, relais, absence d’interpellations, etc.).

Mesures de sécurité

Dans le cadre de la réponse gouvernementale, l’Allemagne a inauguré à Berlin un centre commun de défense contre les drones, le GDAZ (Gemeinsames Drohnenabwehrzentrum). Ce dispositif vise à réduire la fragmentation des moyens et à accélérer l’échange d’informations et la coordination des réponses entre autorités fédérales et régionales, forces armées et services compétents. Son activité opérationnelle doit démarrer en janvier.

Selon Reuters, le centre doit fonctionner en continu et regrouper, sur un même site, les acteurs chargés de la détection et des contre-mesures, sans modifier formellement les compétences décisionnelles de chacun.

Le Tagesspiegel précise que le GDAZ est hébergé au sein de la Bundespolizei et s’inspire, dans son architecture de coopération, du centre commun de lutte antiterroriste (modèle inter-agences).

Parallèlement, une unité spécialisée de la police fédérale a été créée pour intervenir plus rapidement sur les alertes, notamment à Berlin, dans les aéroports et à proximité de sites sensibles. D’après le Tagesspiegel, cette unité (rattachée à la Bundespolizeidirektion 11) doit monter en puissance pour atteindre environ 130 spécialistes et s’appuyer sur des capacités telles que des systèmes de brouillage assistés par IA et des drones intercepteurs.

Sur le volet légal, le gouvernement a engagé une réforme du Luftsicherheitsgesetz (loi sur la sûreté aérienne) afin de clarifier les conditions dans lesquelles la Bundeswehr pourrait apporter une assistance sur le territoire national et, le cas échéant, permettre la neutralisation de drones (au-delà du simple détournement). Le texte est présenté comme une réponse à l’accélération des survols jugés hostiles et à la difficulté pour la seule police de traiter certains scénarios.

Un phénomène européen marqué par des incidents concrets

Ces préoccupations se sont matérialisées par des épisodes perturbateurs, dont la fermeture temporaire de l’aéroport de Munich après des signalements de drones, ayant entraîné annulations, déroutements et des milliers de passagers affectés — un cas devenu emblématique de la vulnérabilité des infrastructures de transport.

La dynamique dépasse l’Allemagne puisque des pays d’Europe du Nord et de l’Est ont signalé des intrusions ou suspensions de trafic, et l’OTAN a annoncé un renforcement de la vigilance en mer Baltique dans le cadre de « Baltic Sentry », tandis que le Danemark a temporairement interdit les vols civils de drones lors d’une séquence d’alertes.

Au niveau politique européen, des dirigeants de l’UE ont soutenu le principe de renforcer les capacités anti-drones (production, détection, interception) et l’idée d’un réseau de mesures coordonné — souvent évoqué sous l’étiquette de « drone wall » — après des violations d’espace aérien et des incidents attribués par certains responsables à la Russie (qui dément).

Enfin, la multiplication des alertes touche aussi la sphère militaire. Reuters rapporte que l’Allemagne a enregistré en octobre un niveau record de survols de drones au-dessus de bases, avec une attention croissante portée aux installations navales, selon un responsable du renseignement militaire (BAMAD).

Le Diplomate

Le Diplomate

Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).

L’actualité essentielle pour bien commencer votre journée

Profitez du meilleur du Diplomate dans votre boîte de réception !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Le Bulletin diplomatique

Votre rendez-vous quotidien avec l’actualité française et internationale.

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *