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Netanyahou veut avertir Trump de possibles nouvelles frappes contre l’Iran

À l’approche d’une rencontre annoncée fin décembre, Benyamin Netanyahou entend présenter à Donald Trump des options de nouvelles frappes contre l’Iran, sur fond de tensions persistantes entre Washington et Jérusalem autour de la trêve à Gaza.

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Le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, prévoit d’informer le président américain Donald Trump de projets visant à lancer de nouvelles frappes potentielles contre l’Iran, a rapporté ce samedi la chaîne NBC News, citant des sources israéliennes et américaines.

Selon ces sources, l’inquiétude des responsables israéliens s’est accrue face à « l’extension par l’Iran de son programme de missiles balistiques, qui a été endommagé par des frappes militaires israéliennes plus tôt cette année ». Les interlocuteurs de NBC affirment qu’Israël se préparerait à présenter au président américain différentes options pour frapper à nouveau.

Les sources ajoutent que les responsables israéliens se disent également préoccupés par la possibilité que l’Iran remette en service des sites d’enrichissement d’uranium qui avaient été visés par des frappes américaines durant la guerre de douze jours en juin dernier.

Il est attendu que Netanyahou — visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre présumés à Gaza — expose, lors de sa rencontre prévue avec Trump à la fin de ce mois en Floride, ses arguments et ses plans pour frapper l’Iran.

Les sources indiquent qu’un volet de son argumentaire serait que « les agissements de l’Iran ne représentent pas seulement un danger pour Israël, mais pour l’ensemble de la région, y compris pour les intérêts des États-Unis ». Elles ajoutent que le Premier ministre israélien pourrait présenter à Trump un éventail d’options allant de la participation américaine à de nouvelles opérations militaires à une aide plus limitée (renseignement, munitions, appuis).

Gaza comme paramètre politique (et diplomatique) pour Washington

Toutefois, deux anciens responsables israéliens cités par NBC estiment que Trump pourrait se montrer moins enthousiaste à l’idée d’une nouvelle action militaire en Iran si les tensions persistent entre responsables américains et israéliens au sujet de l’approche de Netanyahou concernant le cessez-le-feu dans la bande de Gaza, entré en vigueur le 10 octobre 2025.

Selon Axios, la Maison-Blanche aurait adressé une réprimande privée au Premier ministre israélien après une frappe à Gaza perçue à Washington comme une violation de la trêve, craignant un coût politique pour Trump, présenté comme l’architecte de l’accord.

Mais la réalité sur le terrain illustre la fragilité cette trêve. En effet, plusieurs incidents meurtriers ou blessant des civils depuis octobre, dont un tir de mortier israélien ayant touché une zone résidentielle en décembre, alors que la « phase 2 » du plan reste bloquée.

Il est important de rappeler que le cessez-le-feu d’octobre s’articule autour d’une première phase (arrêt des hostilités et mécanisme de libérations/retours) et d’étapes ultérieures visant une stabilisation politique et sécuritaire de Gaza.

Quatre scénarios déjà proposés avant juin

À propos des plans que Netanyahou devrait présenter à Trump, une source au fait du dossier explique qu’avant les frappes de juin, les Israéliens avaient déjà exposé au président américain quatre options : une opération israélienne unilatérale ; une option avec soutien américain limité ; des opérations conjointes États-Unis–Israël ; et, enfin, une action conduite par les États-Unis seuls.

Toujours selon ces sources, Trump aurait, à l’époque, donné son feu vert à une formule conjointe — un précédent que Netanyahou chercherait à invoquer pour obtenir, à minima, une “assurance de disponibilité” américaine si Israël décidait de frapper à nouveau.

La source ajoute que Netanyahou pourrait présenter un ensemble similaire d’options lors de leur prochaine rencontre.

Une rencontre attendue

Sur l’agenda, le gouvernement israélien a annoncé une réunion programmée entre Netanyahou et Trump le 29 décembre. Reuters rapporte qu’elle doit notamment porter sur les étapes suivantes du plan de cessez-le-feu à Gaza, la démilitarisation et la gouvernance post-guerre, et qu’elle pourrait se tenir non pas à la Maison-Blanche mais en Floride, selon des médias israéliens.

Mais, de son côté, Trump a déclaré aux journalistes : « Nous n’avons pas encore fixé de date officielle, mais il souhaite me rencontrer ».

Dans ce contexte, la porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a indiqué que Trump avait déclaré que « si l’Iran cherchait à se doter d’une arme nucléaire, ce site serait attaqué et détruit avant qu’il n’en approche ».

Elle a ajouté que « l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et le gouvernement iranien ont confirmé l’évaluation du gouvernement des États-Unis selon laquelle l’opération « Marteau de minuit » a totalement détruit les capacités nucléaires iraniennes », selon ses propos, alors que des évaluations préliminaires avaient, à l’époque, laissé entendre que les dégâts pourraient ne pas avoir été très étendus.

Pour rappel, l’armée américaine a visé, à l’aube du 22 juin, des installations nucléaires iraniennes avec plus de 100 avions, un sous-marin et sept bombardiers B-2, quelques jours après des frappes israéliennes continues contre des installations militaires iraniennes et des opérations visant des responsables, commencées le 13 du même mois, avant que la guerre ne prenne fin le 24 juin.

Téhéran dit vouloir parler… mais réclame des garanties

En parallèle des signaux militaires, Téhéran affirme vouloir reprendre des discussions avec Washington, tout en posant des conditions. En juillet dernier, un responsable iranien a évoqué la nécessité que les États-Unis reconnaissent les droits de l’Iran au titre du TNP, qu’ils « bâtissent la confiance » et, surtout, qu’une reprise des pourparlers ne débouche pas sur de nouvelles frappes.

Dans une interview au journal Le Monde, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a insisté sur la demande de garanties contre une action militaire « pendant la négociation » et a exclu toute négociation sur le programme balistique, présenté par l’Iran comme défensif.

En novembre, Reuters rapportait encore qu’un autre responsable iranien se disait favorable à un accord « pacifique » avec les États-Unis, tout en rejetant les exigences jugées incompatibles avec la sécurité nationale, notamment l’arrêt complet de l’enrichissement.

Refermer la fenêtre de reconstruction iranienne

Dans ce contexte mêlant incertitudes techniques, rivalités de récit et diplomatie sous contrainte, l’objectif prêté à Netanyahou par NBC est de convaincre Trump que la période qui s’ouvre constitue une « fenêtre » critique : l’Iran pourrait reconstruire des capacités (missiles et nucléaire), et Israël veut pré-positionner des options — unilatérales ou appuyées par Washington — pour empêcher une remontée en puissance.

Néanmoins, il reste une équation politique puisque la Maison-Blanche doit simultanément tenter de stabiliser la trêve à Gaza, d’éviter une escalade régionale et de préserver une voie diplomatique avec Téhéran — autant de paramètres susceptibles d’infléchir la réception des propositions israéliennes fin décembre.

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