Annoncée plus tôt par Donald Trump, la mort de l’ayatollah Ali Khamenei a été confirmée dimanche 1er mars par la télévision d’État iranienne et l’agence officielle IRNA.
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Annoncée plus tôt par Donald Trump, la mort de l’ayatollah Ali Khamenei a été confirmée dimanche 1er mars par la télévision d’État iranienne et l’agence officielle IRNA.

La télévision d’État iranienne et l’agence officielle IRNA ont annoncé dimanche 1er mars la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique depuis 1989. L’annonce, faite à l’antenne au petit matin, ne précise ni la cause du décès ni les circonstances, alors que Téhéran a été visé la veille par des frappes israéliennes et américaines que Washington revendique.
La nouvelle est tombée en direct, au cœur de la nuit pour une partie du monde. Un présentateur de la télévision d’État iranienne a annoncé vers 5 heures, heure locale, la mort du guide suprême Ali Khamenei, en larmes, sur un plateau habillé de noir et rythmé par la diffusion d’images d’archives en signe de deuil, selon les premiers éléments rapportés par les médias d’État.
Téhéran décrète 40 jours de deuil national et sept jours fériés après l’annonce de la mort du guide suprême. À l’antenne, un présentateur de la télévision d’État a assuré que « avec le martyre du guide suprême, sa voie et sa mission ne seront ni perdues ni oubliées ; elles seront au contraire poursuivies avec davantage de vigueur et de zèle ».
Les médias d’État indiquent que l’ayatollah Ali Khamenei est mort à l’âge de 86 ans, sans fournir d’explication sur les causes du décès. La confirmation est intervenue tôt dimanche, après plusieurs heures de spéculations nourries par l’attaque menée la veille contre l’Iran.
Plus tôt, la mort du guide suprême a été annoncée après des frappes attribuées à Israël et aux États-Unis. De son côté, la télévision d’État et l’agence IRNA ont confirmé le décès « sans en préciser la cause ».
Samedi 28 février, une opération conjointe américano-israélienne a visé des objectifs en Iran, dans un contexte d’escalade régionale. À Washington, Donald Trump a publiquement revendiqué la mort d’Ali Khamenei avant même la confirmation par les médias iraniens, écrivant notamment sur les réseaux sociaux que « Khamenei (…) est mort », et annonçant la poursuite de frappes.
À Téhéran, des responsables ont dénoncé l’attaque et promis une riposte. D’après l’Associated Press, Ali Larijani, présenté comme secrétaire du Conseil de sécurité nationale, a déclaré samedi qu’Israël et l’Amérique « regretteront leurs actions ».
Dans un communiqué, les gardiens de la révolution, principaux acteurs du système sécuritaire, de la bureaucratie et de l’économie en Iran, ont condamné « les actes criminels et terroristes commis par les gouvernements malfaisants des Etats-Unis et du régime sioniste ». « La main vengeresse de la nation iranienne ne les lâchera pas avant d’avoir infligé aux meurtriers de l’imam de la Oumma [la communauté musulmane] un châtiment sévère et décisif qu’ils regretteront », ajoutent-ils.
La disparition du guide suprême ouvre une phase de succession hautement sensible. Dans l’architecture de la République islamique, le guide suprême est l’autorité politico-religieuse centrale et, selon les analyses de référence, la procédure de remplacement est encadrée par la Constitution. Le Conseil on Foreign Relations rappelle que la sélection revient à l’Assemblée des experts, organe composé de 88 membres, formellement chargé de choisir et de superviser le guide suprême.
D’autres travaux, notamment ceux du Middle East Institute, soulignent que, malgré ses prérogatives formelles, l’Assemblée des experts a, dans la pratique, souvent fonctionné comme une instance d’aval, ce qui rend la phase actuelle d’autant plus incertaine dans un contexte de conflit ouvert.
Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a appelé à une transition du pouvoir et à la séparation de la religion et de l’État, se disant prêt à jouer un rôle limité et transitoire. Dans une tribune publiée par le Washington Post, il a remercié Donald Trump pour l’opération militaire menée la veille et a affirmé que des Iraniens l’avaient sollicité pour conduire la transition, tout en indiquant qu’il ne s’agirait que d’un mandat provisoire. « De nombreux Iraniens, souvent au péril de leur vie, m’ont appelé pour mener cette transition. Je suis impressionné par leur courage et j’ai répondu à leur appel », a-t-il écrit. Il a affirmé que ce serait uniquement un rôle transitoire après avoir été critiqué, certains craignant qu’il ne rétablisse une monarchie.
« Notre chemin sera transparent : une nouvelle constitution rédigée et ratifiée par référendum, suivie d’élections libres sous supervision internationale. Lorsque les Iraniens voteront, le gouvernement de transition sera dissous », a-t-il détaillé.
Selon lui, tous les groupes d’opposition se sont mis d’accord sur des principes clés, notamment la séparation de la religion et de l’Etat. Egalement, ils se sont accordés sur le fait que les groupes d’opposition soutenaient l’intégralité territoriale de l’Iran et sur la nécessité de « libertés individuelles et l’égalité de tous les citoyens ».
Peu après l’annonce par Donald Trump de la mort d’Ali Khamenei, Reza Pahlavi s’était réjoui, sur X, que la « République islamique (…) sera bientôt renvoyée dans les poubelles de l’Histoire ».
« Aux forces armées, de sécurité, et à la police : toute tentative de soutenir un régime en train de s’effondrer est vouée à l’échec », avait-il ajouté. Reza Pahlavi a appelé les Iraniens à « rester vigilants » pour le moment. « Le moment d’une présence massive et décisive dans les rues est très proche », a-t-il déclaré.
Ali Khamenei dirigeait l’Iran depuis 1989, succédant à l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Sa mort, confirmée par les médias d’État, intervient au moment où l’Iran fait face à une confrontation militaire directe avec Israël et les États-Unis.
À ce stade, les autorités iraniennes n’ont pas communiqué de calendrier officiel sur la suite institutionnelle, ni sur la tenue d’une session de l’Assemblée des experts, tandis que l’antenne de la télévision d’État continue de diffuser des images d’archives sous bandeau de deuil.
Entre deuil national, riposte annoncée et mécanismes de succession à enclencher, la République islamique entre dans une période de transition rarissime depuis 1979, avec une inconnue immédiate qui domine toutes les autres, la capacité de l’État à organiser la continuité du pouvoir alors qu’une campagne de frappes est encore revendiquée par ses adversaires.
Le Diplomate est un média indépendant d’actualité et d’analyse consacré aux relations internationales, à la diplomatie et aux enjeux stratégiques (défense, sécurité, influence).