La France est prête à participer à une « coalition internationale » chargée d’appuyer l’armée libanaise dans le cadre de la stabilisation du sud du Liban. Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, l’a affirmé dans un entretien accordé à Ouest-France, confirmant la volonté de Paris de jouer un rôle central dans l’architecture sécuritaire appelée à succéder progressivement à la Finul.

« Nous sommes prêts à nous mobiliser, en appui des États-Unis et avec nos partenaires européens, en particulier l’Italie, pour déployer, à l’invitation du Liban, une coalition internationale ad hoc appuyant l’armée libanaise », a déclaré le chef de la diplomatie française.

« Le Liban ne doit pas être l’otage d’un conflit qui ne le concerne pas », a également soutenu Jean-Noël Barrot, alors que le pays demeure fragilisé par les affrontements ayant opposé Israël et le Hezbollah ces derniers mois.

Un accord-cadre ouvre une nouvelle phase

Cette annonce intervient après la conclusion, le 26 juin, d’un accord-cadre entre le Liban, Israël et les États-Unis. Le texte prévoit un retrait progressif des forces israéliennes déployées dans le sud du Liban ainsi que le redéploiement de l’armée libanaise dans deux secteurs pilotes jusqu’ici marqués par la présence du Hezbollah. Les modalités de mise en œuvre font encore l’objet de discussions à Beyrouth avec des représentants américains.

Pour les autorités françaises, cet accord constitue une opportunité de consolider un cessez-le-feu durable et de renforcer les institutions libanaises. Jean-Noël Barrot estime qu’il « ouvre une perspective historique vers un cessez-le-feu durable » et affirme que la France est disposée à contribuer à sa surveillance tout en soutenant les forces armées libanaises afin qu’elles puissent exercer pleinement leurs missions sur l’ensemble du territoire.

Renforcer l’État libanais face au Hezbollah

L’initiative française repose sur un principe défendu de longue date par Paris. Les autorités libanaises doivent retrouver le monopole de l’usage de la force sur leur territoire. Depuis plusieurs mois, la diplomatie française plaide pour un renforcement des capacités opérationnelles de l’armée libanaise afin qu’elle puisse progressivement remplacer les acteurs armés non étatiques, au premier rang desquels figure le Hezbollah.

Début juillet, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères rappelait déjà que la France était prête à participer, avec les États-Unis et plusieurs partenaires européens, à un dispositif destiné à accompagner la mise en œuvre de l’accord et le désarmement progressif du Hezbollah par les forces armées libanaises. Il précisait également que Paris restait disposé à organiser une conférence internationale de soutien à l’armée libanaise, sans qu’une date ait encore été arrêtée.

Une transition avant la fin du mandat de la Finul

Cette proposition intervient alors que la Finul approche de la fin de son mandat, dont l’échéance est fixée à décembre. La France, qui compte parmi les principaux contributeurs historiques de la mission des Nations unies, prépare depuis plusieurs mois un dispositif susceptible d’assurer une continuité de la présence internationale au Liban, à condition que les autorités libanaises en formulent la demande.

Lors du sommet franco-italien organisé fin juin, Emmanuel Macron et la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni avaient déjà exprimé leur volonté de travailler à la mise en place d’une coalition multinationale appelée à prendre le relais de la Finul dans un cadre encore à définir avec Beyrouth, les partenaires européens et les Nations unies.

Un projet encore soumis à plusieurs inconnues

La coalition évoquée par Paris ne pourrait être déployée qu’à l’invitation des autorités libanaises et suppose la poursuite de la mise en œuvre de l’accord conclu fin juin. Son format, son mandat, ses effectifs et son articulation avec les Nations unies n’ont pas encore été précisés publiquement.

Au-delà de ces questions opérationnelles, la réussite du projet dépendra également de l’évolution de la situation sécuritaire dans le sud du Liban, de la capacité de l’armée libanaise à reprendre progressivement le contrôle des zones concernées et du maintien du fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Autant d’éléments qui détermineront la faisabilité d’un nouveau dispositif international appelé à succéder à la Finul.