L’Iran a annoncé dans la nuit de samedi à dimanche la fermeture du détroit d’Ormuz « jusqu’à nouvel ordre », après qu’un navire commercial a été visé par des tirs de semonce de la marine des gardiens de la révolution, qui l’accuse d’avoir emprunté une route « non autorisée » et d’avoir désactivé ses systèmes de navigation. Les autorités iraniennes affirment que plusieurs bâtiments avaient ignoré leurs avertissements avant l’incident.
Dans un communiqué, les gardiens de la révolution déclarent que « plusieurs navires ont tenté d’emprunter une route non autorisée et ont ignoré nos avertissements ainsi que nos injonctions à rejoindre la route approuvée ». Ils ajoutent qu’« un navire qui avait mis en danger la sécurité maritime en désactivant ses systèmes a été touché par des tirs d’avertissement et immobilisé ». Le corps d’élite iranien annonce ensuite que « le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre et jusqu’à la fin des interventions américaines dans cette région » et prévient qu’« aucun navire ne sera autorisé à le traverser ». Les gardiens de la révolution avertissent enfin que, « si l’ennemi commet une nouvelle agression, nous riposterons avec sévérité et de nouvelles bases ennemies dans la région seront prises pour cible ».
Selon l’agence britannique de sécurité maritime UKMTO, l’incident s’est produit à environ neuf milles nautiques à l’est de la péninsule de Moussandam, dans le sultanat d’Oman, l’un des secteurs les plus sensibles de cette voie maritime stratégique.
Washington répond par une troisième vague de bombardements
Quelques heures après l’annonce iranienne, le commandement américain pour le Moyen-Orient (CENTCOM) a indiqué avoir déclenché une nouvelle série de frappes contre des installations iraniennes.
L’armée américaine affirme que cette opération répond à ce qu’elle qualifie d’« attaque flagrante » contre le GFS Galaxy, un porte-conteneurs battant pavillon chypriote. Selon le CENTCOM, un membre civil de l’équipage est porté disparu et « le navire n’est plus en mesure de poursuivre sa route en raison d’un incendie à bord et d’importants dégâts dans la salle des machines ».
Des médias iraniens ont fait état d’explosions dans plusieurs secteurs du sud du pays, notamment à Bandar Abbas, Sirik et sur l’île de Qeshm, sans qu’un bilan officiel des frappes américaines n’ait été publié.
Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a justifié cette réponse militaire en déclarant que « l’Iran a fait un mauvais choix. Maintenant, ils en paient le prix ». Les autorités américaines soutiennent que leurs opérations visent à rétablir la liberté de navigation dans le Golfe et à empêcher toute nouvelle attaque contre le trafic maritime commercial.
Un cessez-le-feu désormais vidé de sa substance
Cette nouvelle confrontation intervient alors qu’un protocole d’accord conclu en juin entre Washington et Téhéran devait préserver un cessez-le-feu et créer les conditions d’une désescalade après plusieurs mois de conflit.
Les autorités américaines estiment que les attaques iraniennes répétées contre des navires commerciaux constituent une violation directe de cet engagement. Donald Trump a déclaré vendredi que « la République islamique d’Iran nous a demandé de poursuivre les discussions. Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis lui ont indiqué, sans la moindre ambiguïté, que le cessez-le-feu est terminé ». Malgré cette déclaration, Washington affirme rester disposé à poursuivre les négociations engagées sous médiation régionale.
De son côté, Téhéran rejette la responsabilité de la dégradation de la situation sur Washington et affirme exercer son droit à contrôler les conditions de navigation dans le détroit. Les deux capitales continuent ainsi de présenter des lectures diamétralement opposées des événements.
Une crise qui entre dans une nouvelle phase
La fermeture du détroit d’Ormuz marque une évolution majeure du bras de fer entre Washington et Téhéran. Jusqu’à présent, les attaques contre la navigation commerciale restaient ponctuelles. L’annonce iranienne vise désormais l’ensemble du trafic maritime traversant ce passage stratégique.
Reste à savoir si Téhéran sera en mesure d’imposer durablement cette interdiction et quelle sera l’ampleur de la réponse américaine pour garantir la liberté de navigation. À ce stade, les canaux diplomatiques ne sont pas rompus, mais la succession d’incidents militaires réduit considérablement les perspectives d’un retour rapide à la désescalade et accroît le risque d’une confrontation régionale plus large.

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